• Loubianka
Loubianka

Loubianka

La prison de la Loubianka, Moscou, 1939. Au plus fort des purges staliniennes, Pavel Vassilievitch est chargé de détruir e les oeuvres des auteurs interdits par le régime. Découvrant un extraordinaire manuscrit inachevé, le jeune archiviste convoque Isaac Babel, détenu sur place, afin de déterminer s'il en est l'auteur. En ces temps de délation, le pays tout entier est figé dans la peur. Héros quasi malgré lui, Pavel décide de sauver l'oeuvre du célèbre nouvelliste. Il veut croire que la littérature ne succombera jamais complètement. Méthodique et implacable, le roman explore les prudentes mais fugaces tentatives de Pavel pour ne pas perdre son identité quand autour de lui le monde s'écroule et qu'il devient aussi une cible du système. Loubianka parcourt la frontière entre collaboration et résistance. Travis Holland vit dans le Michigan aux États-Unis. Loubianka est son premier roman, auquel il a consacré cinq années d'écriture. Ses nouvelles, parues dans de prestigieuses revues, ont toutes été primées. Extrait du livre : Ce soir, le métro est moins bonde, remarque Pavel. Il en va de même de l'autobus vétusté où Pavel monte en sortant de la station Gorki. La pluie a cessé, les nuages se sont dissipés. Les lumières somptueuses du parc Gorki illuminent la rivière. On aperçoit sa grande roue, son manège de parachutes. Des montagnes russes s'élèvent puis s'abattent en silence parmi les arbres. Devant le nouveau cimetière du monastère de Donskoï, où Pavel est le seul voyageur à descendre, les vendeurs de fleurs plient bagage pour la nuit. Il n'a qu'un pâté de maisons à longer pour rejoindre son immeuble. Lorsque Pavel passe devant le bureau de la gérante de son immeuble, elle l'arrête. - C'est pour vous, dit Natalia en lui tendant un télégramme. Il déchire l'enveloppe grise et rigide. Un message de l'employé de la morgue s'occupant du cas d'Elena. «Enquête en cours. Bon espoir. Simonov.» L'espoir : Pavel ne supporte plus ce mot. Simonov pourrait aussi bien lui dire d'attendre, alors qu'il n'a fait qu'attendre tout au long de ces mois interminables. -J'ai l'impression qu'un verre vous ferait du bien, déclare Natalia. C'est une grande femme mince, non dénuée de beauté malgré la longue cicatrice dont la ligne pâle s'incurve entre son oreille et le coin de sa bouche. La lampe à l'abat-jour rouge éclairant son petit bureau bien rangé illumine en partie son visage. Depuis la mort d'Elena, elle et Pavel ont parfois partagé des repas, mais leurs relations ne sont jamais allées plus loin. - J'ai rendez-vous avec un ami pour dîner. Une autre fois, peut-être. Voir la suite

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  • Heloise Ormesson